Thé : l’envers de la tasse

Enjeux sociaux et environnementaux de la filière thé

Le thé est la boisson la plus consommée au monde après l’eau, mais que savons-nous au juste des réalités sociales et environnementales de la production et du commerce de ces feuilles très prisées ? Moins étudiée que celles du cacao ou du café, cette filière demeure délaissée par les campagnes de plaidoyer et les politiques internationales.

Transformée au cours des XIXe et XXe siècles par les Européens, notamment les Britanniques, la production de thé dans les principaux pays d’exportation, situés en Asie du Sud et en Afrique de l’Est, repose aujourd’hui encore en grande partie sur un modèle social hérité de leur passé colonial. Quant aux structures commerciales actuelles, elles sont dominées par une poignée de multinationales qui soutiennent majoritairement un modèle de monoculture à faible valeur ajoutée, pour un marché de masse peu regardant sur la qualité.

Certains gouvernements s’engagent à faire évoluer les pratiques des plantations et des transformateurs, mais les réponses aux grands enjeux du secteur viendront sans doute davantage des évolutions en cours dans l’organisation des producteurs, de l’adoption de modèles agroforestiers, de la recherche de la qualité, du partage des bonnes pratiques et de nouvelles relations entre producteurs, marques et distributeurs avec une meilleure répartition de la valeur. Autant de pistes à explorer pour un thé enfin équitable et durable.